27 septembre 2022

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Alphonse Kaputo, alors membre du conseil d’administration de la Gécamines se livrait à Empreinte Magazine

Alphonse KAPUTO

Alors Membre du conseil d’administration de la Gécamines, Alphonse Kaputo Kalubi s’était livré  au tout jeune Empreinte Magazine dans un entretien ou il donnait ce qu’il pensait de la grande Gécamines, les faiblesses et faille ainsi que le potentiel qu’il regorge dans lequel il croit fermement.

Alphonse Kaputo est né le14 Janvier 1953 à Lubumbashi dans un hôpital à Gécamines et je fais partie d’une famille de treize enfants où je suis le quatrième né et avec beaucoup de filles et beaucoup de garçons. J’ai fait mes études primaires à Kambove dans une école belge de Kambove et j’ai fait mes études secondaires à l’athénée royale de Likasi, Ici même à Likasi. Après quoi j’ai entrepris les études universitaires à Lubumbashi, UNILU d’où je suis sorti licencié en sciences géologiques, sciences de la terre et deux ans après j’ai commencé à travailler à la Gécamines, jusqu’aujourd’hui. Je suis pratiquement un enfant et un produit 100 % Gécamines.

Vous avez travaillé sur plusieurs projets. Si vous ne devez n’en choisir qu’un, lequel choisiriez-vous ? Lequel dont vous êtes particulièrement fière ?

A la Gécamines j’ai eu à récupérer toutes les concessions à potentiel géologique, potentiel minier après la première loi minière 2002. Si on me demandait de refaire, je referais, je crois qu’avant la première loi de 2002 et après, la Gécamines a gardé son potentiel, avec mon équipe, avec l’équipe avec laquelle j’ai travaillé, nous avons récupéré tout ce qu’il y avait comme potentiel minier à Gécamines et que Gécamines à toujours en propre ou en partenariat.

Je pense que ce n’était pas une mauvaise expérience, ce n’était pas un mauvais parcours que nous avons fait, sans trop m’attarder à ce point-là c’est un des points cruciaux qu’on a traversé à la Gécamines.

Quel moment regrettez-vous durant votre parcours en tant qu’agent à la Gécamines ?
Bon, je regrette qu’on ait perdu beaucoup de partenariats pour les mettre dans une gestion qui n’est pas beaucoup bien apprécié. J’aurai bien voulu qu’on réfléchisse un peu mieux sur la façon de définir ces partenariats.

Croyez-vous que la Gécamines retrouvera sa splendeur de jadis ?

Oui, la Gécamines, je ne peux pas dire aujourd’hui qu’elle et morte, elle n’est pas morte, la Gécamines est à un niveau de production très bas, mais il ne faut pas voir la Gécamines comme simplement la Gécamines qui produit 15.000, 20.000 tonnes, elle est aussi en partenariat avec d’autres qui lui apporte la production et la Gécamines va redevenir le fleuron de l’économie mondiale.

Pour moi la Gécamines doit toujours être considérée comme la locomotive de l’économie du Congo, nous devons nous mettre en tête que sans la Gécamines, sans que la Gécamines ne reparte, tout ne repartira pas. La Gécamines doit se mettre en tête comme locomotive de la production et l’exploitation minière.

Pourquoi les nouvelles entreprises minières n’arrivent pas à s’impliquer dans la vie sociale comme le faisait la Gécamines ?

Les nouvelles société demandent à ce que l’Etat s’implique, elle se limitent à payer la taxe, tout ce qu’il y a comme obligations légales, elles voudraient que la partie sociale soit prise en charge par l’Etat, par les organismes étatiques, mais maintenant si il faut reprendre ce que la Gécamines a fait dans le temps, c’est à l’Etat de définir, à demander aux entreprise à ne pas se limiter à leur objet social de produire du cuivre et de produire les métaux, mais aussi à aider l’Etat à faire le social. Le problème est celui-là, donc on paie les impôts et on voudrait que le gouvernement fasse sa part.

Exactement c’est possible de faire ce que la Gécamines faisait et pour ma part, aussi longtemps que l’Etat ne s’implique pas dans ce qu’elle devrait faire, on devrait laisser la Gécamines continuer à s’occuper du social et comme elle le fait, elle s’occupe des hôpitaux, elle s’occupe des écoles, elle s’occupe de tout ce qui est accompagnement des travailleurs en
dehors de leurs, chantiers, de leurs activités professionnelles et aussi longtemps que l’état ne sera pas en mesure de faire elle-même ce qu’elle devrait faire, laissons la Gécamines faire quitte à récupérer dans les taxes. Le pays est dans une phase ou nous devons nous redéfinir pour continuer à s’améliorer et tout est là, je pense que le politique est en train de réaliser qu’il a un rôle à jouer pour que demain l’état de la population soit meilleur.

Photo Alphonse-KAPUTO

Alphonse-KAPUTO en entretient avec Empreinte Magazine

Nous pouvons nous redresser et on devrait tout mettre en œuvre pour être en mesure de résoudre tant soi peu les problèmes de la pauvreté, les problèmes de santé, les problèmes de la sécurité, nous sommes à même de le faire si nous nous mettons tous ensemble, le social doit s’améliorer.

L’espoir est tout à fait permis et c’est ça que nous demandons à l’actuel Président de la République avec l’Unions Sacrée qui a été mis en application et au nouveau Gouvernement de s’impliquer au mieux qu’ils peuvent pour que ce social revienne comme il se devrait, dans un pays aussi grand et aussi beau que le nôtre.

Pourquoi la loi minière de 2002 a-t-elle été abandonnée ?

Eh, la loi de 2002 n’est pas une mauvaise loi, même celle qu’on vient de voter en 2018 pour améliorer, c’est l’application. La loi elle-même a tous les éléments pour pouvoir bien gérer les matières géologiques mais l’application, on n’applique pas, si nous pouvons nous discipliner et appliquer tout ce qui est prévu par la loi, on améliorera de loin l’activité minière du Congo. Mais la nouvelle loi, la loi révisée de 2002 est une loi qu’il faut appliquer, il faut aider le Gouvernement, l’Etat à appliquer toutes les décisions pour que tout ce qui est prévu soit exécuté.

Nous ne sommes pas acceptés par tout le monde, les miniers n’acceptent pas tout mais il faut les forcer, il faut les amener à respecter ce que la loi minière à prévue.

Comment voyez-vous un Katanga sans cuivre, sans cobalt ?

Le Katanga sans le cuivre, le Katanga sans le cobalt, il faut y réfléchir déjà maintenant, ce n’est pas pour maintenant, je ne pense pas qu’on va avoir besoin de ce cuivre, des métaux qui l’accompagne d’aussitôt mais il faut y réfléchir déjà maintenant, c’est-à-dire que l’après cuivre et l’après cobalt, l’après activité minière doit être préparée et nous devons nous tourner vers l’agriculture, nous devons nous tourner vers l’élevage, nous devons nous tourne vers tout ce qui est activité agro pastorale pour mieux nourrir ou mieux nous occuper de la population.

Quels sont souvenirs retenez-vous des nombreuses missions effectuées à l’étranger ?

C’était de grands moments d’échange, vous vous retrouvez avec des chinois, avec des russes, des australiens, vous vous comparez en fait à eux et vous échangez, vous essayez de prendre ce qu’eux ont de positif et eux aussi ils prennent ce qu’ils trouvent en vous de positif. J’ai eu à rencontrer de grands professeurs, disons ils ont très outillé le métier mais ça été de très bons moments à passer ensemble Sur c’est bien sur évident que quand on est à l’étranger on veut rentrer vite vite chez soi parce que le pays, nous manque, la famille vous manque, il faut rentrer vite chez soi et on n’est pas mieux que chez soi.

Il est hors de question de vivre ailleurs, j’ai tout ce qu’il faut pour vivre ici, je ne vois pas ce que j’irai cherchez à l’étranger, il faut plutôt améliorer les conditions que je n’ai pas ici pour pouvoir continuer à vivre chez moi. On n’est pas mieux que chez soi.